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La CGT Sainte-Marie compte plus de 50 métiers sous le smic

La CGT Sainte-Marie évoque une "augmentation du smic mais pas des salaires".

Depuis le 1er août 2022, le SMIC a augmenté de 2,01%, ce qui le porte à 1678,95 euros bruts ou 1329, euros nets. "Sur Sainte-Marie, tous les indices sous les coefficients 377 passent sous le smic", déplore le syndicat. "Cette fois, les aides-soignants, malgré la revalorisation de 25 points, coefficient 376, passent sous le SMIC et comme les autres métiers déjà sous le SMIC, toucheront le rattrapage sur le salaire de base."

La CGT exige "une revalorisation du point FEHAP, afin qu’aucun salaire de base ne soit en dessous du SMIC, sans aucune compensation de rattrapage nécessaire. Ainsi on mettra fin a cette situation ubuesque qui divise les salariés déjà en plein désarroi".

Elle ajoute : "Il est urgent de réagir, la situation dans la santé en général et dans les structures médico-sociales devient catastrophique. La revalorisation d’indice des fonctionnaires de 3,5 % (plus forte hausse depuis 37 ans) n’est pas répercutée sur notre convention, ce qui crée encore un manque d’attractivité."

Source : : https://www.lacommere43.fr/actualites/item/49749-la-cgt-sainte-marie-compte-plus-de-50-metiers-sous-le-smic.html?fbclid=IwAR1GGyKmL1UcXNWvkwk6C9YeNvN2FeNjPxakHiMorCQ3iYp5Ny0o_0vhbvo

Le coup de gueule qui vient de Sainte-Marie

Par le biais du syndicat CGT, les rémunérations des employés de l’hôpital psychiatrique au Puy ont été mises en exergue pour démontrer l’incohérence du système salarial général. D’après les chiffres partagés, tous les travailleurs dont la fiche de paie indique un coefficient inférieur à 377 passent...sous le Smic.

Selon le site service-public.fr, « le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (Smic) augmente d'environ 26 euros nets par mois à partir du 1er août 2022 en raison de la hausse de l'inflation. L'indice des prix à la consommation des ménages les plus modestes a augmenté de 2,01 % entre mars 2022 et juin 2022 d’après les chiffres publiés le 13 juillet 2022 par l'Insee. »

Il est ainsi ajouté : « Conformément à la loi, le niveau du Smic augmente donc de 2,01 % au 1er août 2022. Il s'établit ainsi à 1 678,95 € bruts mensuel, soit 1 329,05 € nets ».

« Les aides-soignants, coefficient 376, passent dessous cette limite »

Si cet équilibre semble logique, les données transmises par la CGT hospitalière de l’hôpital Sainte-Marie pointent alors du doigt les profonds écueils marqués à l’encre sur les fiches de paie de certains salariés de la structure. « Depuis l’actualisation du Smic au début du mois, tous les indices sous les coefficients 377 passent sous la barre du Smic », partagent les militants.

Ils poursuivent : « Les aides-soignants, malgré la revalorisation de 25 points, coefficient 376, passent dessous cette limite. Comme tous les autres métiers déjà en-dessous, ils toucheront, c’est vrai, un rattrapage sur le salaire de base ».

Ils demandent alors : « Partant de ce fait, comment motiver les aides-soignants, ces personnes qui ont fait une formation (de 1 540 heures, Ndlr) et qui ont un travail auprès du patient en cette période de difficultés de recrutement par manque d’attractivité ? On marche sur la tête ! »

« Cette situation ubuesque qui divise les salariés »

« Nous demandons une revalorisation du point FEHAP (Fédération Des Établissements Hospitaliers Et D'aide À La Personne, Ndlr), insiste le syndicat. Ceci, afin qu’aucun salaire de base ne soit en dessous du Smic, sans aucune compensation de rattrapage nécessaire ». Ils lancent encore : « On mettra ainsi fin à cette situation ubuesque qui divise les salariés déjà en plein désarroi ! »

« Nos employeurs (FEHAP) tiennent leur congrès au mois de Novembre. Ce sera l’occasion de demander une hausse significative du point (équivalent à 20%) pour éviter cette situation récurrente ». Le syndicat CGT Sainte-Marie

Le coefficient a augmenté en 20 ans, mais pas le pouvoir d’achat

À travers un tableau qui compare le montant du Smic avec les salaires des ASH (Agent des services hospitaliers), AMP (Aide médico-psychologique), AS (Aide-soignant) et IDE (Infirmier Diplômé d'État), pratiqués dans l’établissement hospitalier Sainte-Marie en 1999 et le 1er août 2022, le syndicat dévoile un épais rideau de fumée caché dans les chiffres.

Par exemple, en 1999, quand le Smic brut atteignait 941,85 €, un ASH touchait 1 175,64 € brut avec une valeur de point de 4,04. La différence entre le Smic brut et son salaire était donc de 234 euros en positif pour l’employé.
Par contre, au 1er août 2022, le Smic brut est de 1 678,95 €. Le salaire d’un ASH est, toujours selon les données du syndicat, de 1 294,07 € (valeur du point de 4,447), soit une différence négative de... 385 euros au détriment du travailleur.

Le tableau affiche ainsi les différences entre les deux époques pour chaque fonction des soignants employés à l’hôpital psychiatrique du Puy-en-Velay. Détail tout de même à prendre en compte et qui n’apparaît pas dans l’étude du syndicat, les primes comme celle de l’ancienneté qui ne sont pas indiquées.

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Source : https://www.zoomdici.fr/actualite/le-coup-de-gueule-qui-vient-de-sainte-marie?fbclid=IwAR1iUBM-aNoze6DPXJywuJbROWbbpK14PA3npTYs6xVRGjkrhLQ1M9hDjr8#comments

« On a vampirisé nos âmes de soignants », Mélanie infirmière à l’hôpital Sainte-Marie de Clermont-Ferrand

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Les équipes de l’Unité de soins longue durée de l’hôpital Sainte-Marie, à Clermont-Ferrand, sont à bout de nerfs. Épuisées physiquement et moralement, elles tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions de travail devenues intenables. Elles racontent et témoignent de leur quotidien.

C’était mardi 5 juillet, Mélanie, infirmière, était à son travail dans l’Unité de soins longue durée, à l’hôpital Sainte-Marie, de Clermont-Ferrand. À bout de nerfs, elle craque et éclate en sanglots. « Souvent, on est en effectif minimum, c’est-à-dire qu’il y a une infirmière pour les deux étages et pour gérer 44 patients. Il y a une seule infirmière en poste le matin et une seule en poste l’après-midi ». Des conditions de travail qui se sont dégradées depuis son arrivée dans le service il y a 10 ans. Mélanie évoque son appréhension la veille d’aller travailler lorsqu’elle sait qu’elle sera seule dans le service : « Tout est organisé à la minute, c’est une course contre la montre. On a calculé pour la distribution des traitements, on passe 3 minutes par patient. Si on a une urgence comme une chute d’un patient qui nécessite un transfert, on est seuls. On n’a pas de collègue qui peut prendre le relais. Ça retarde le reste des soins et les patients nous attendent », explique la jeune femme.
Cette course contre la montre, Marion Morand, aide-soignante depuis 6 mois dans le service, le connaît bien aussi. « On prend 10 minutes par toilette et 5 minutes pour les faire manger. Quand on est en effectifs minimum, on n’a même pas le temps de faire des toilettes, parfois les patients ne sont pas douchés pendant deux semaines. On lave le strict minimum au lit ou au lavabo, juste le visage, les mains et la toilette intime ».

Les patients peuvent être parfois violents, ils peuvent nous frapper. Et comme on n’est pas assez nombreux, on ne peut pas les gérer comme il faut. Marion Morand, aide-soignante.

L’Unité de soins longue durée accueille majoritairement des personnes âgées de plus de 60 ans dont l’état nécessite une surveillance médicale constante. Pour l’unité de l’hôpital de Sainte-Marie, les patients ont souvent la particularité d’avoir des problèmes psychiatriques. « Ce sont des patients qui ont besoin de soins. Ils sont perdus et ils ont besoin d’un accompagnement constant. Ils me voient 3 minutes alors qu’ils ont besoin d’une présence. On ne peut pas prendre le temps de les rassurer », évoque Mélanie.
« Les patients peuvent être parfois violents, ils peuvent nous frapper. Et comme on n’est pas assez nombreux, on ne peut pas les gérer comme il faut. On récupère les patients qui tournent : on a des patients schizophrènes ; on a même une personne qui a Alzheimer elle ne devrait pas être là, elle se met en danger avec les autres patients, et on ne peut pas s’occuper d’elle », ajoute Marion Morand.

Et pourtant, l’USLD n’est pas considéré comme un service psychiatrique aux yeux de l’ARS. « Tous nos patients ont des traitements psy, on a un psychiatre. Mais on n’a pas les moyens et les effectifs d’un service psychiatrique parce que nous ne sommes pas considérés comme tels », continue Marion Morand.
Une reconnaissance qui pourrait faire la différence sur les effectifs. « On est censés avoir six infirmières, on en a seulement 4,80. Comme les aides-soignantes, on devrait être 8 pour chaque étage sur la semaine à tourner, mais généralement au rez-de-chaussée ils sont 4, deux le matin et deux l’après-midi », insiste l’aide-soignante. Au total, sur deux étages, le service comprend 42 patients. 

On attaque à 6 h 30 et on ne peut pas aller aux toilettes avant 13 h 30. Mélanie, infirmière.

Pour Mélanie, infirmière, « dans un monde idéal » comme elle le dit, il faudrait deux infirmières le matin et deux infirmières le soir, tous les jours, toute l’année. Mais la réalité est toute autre. «Je me suis sur-adaptée à cette charge de travail, commence la jeune femme, des sanglots dans la voix. On ne prend même pas le temps d’aller aux toilettes. On attaque à 6 h 30 et on ne peut pas aller aux toilettes avant 13 h 30. Il n’y a pas longtemps, nous avions un patient en fin de vie, j’étais seule le matin. Je l’ai vu à 9 h, normalement, on est censés les voir plus régulièrement. On est infirmières, on accompagne nos patients jusqu’au bout, c’est pour ça que c’est un service de longue durée. On les prend en soin pendant des années. C’est dur de ne pas pouvoir les accompagner dans la bienveillance. Je n’ai pas signé pour ça. On a vampirisé notre conscience professionnelle, notre âme de soignants ». La jeune femme est en arrêt-maladie pour une semaine, après elle a droit à quelques jours de congés. « Je vais essayer de me reposer et de penser à autre chose, mais on est soignants, nos patients, on les ramène souvent avec nous ».

Depuis deux ans, je suis toute seule quand je travaille la nuit. Tatiana Micollier, aide-soignante de nuit.

Tatiana Micollier travaille, elle, la nuit comme aide-soignante depuis cinq ans. Au début, elle travaillait en journée, mais très vite, c’est devenu « atroce », elle a donc demandé à travailler la nuit. Elle alterne des semaines cinq nuits (lundi mardi vendredi samedi dimanche) et de deux nuits (mercredi jeudi). Le problème pour la jeune femme, ce sont les étudiants en médecine qui sont embauchés en remplacement. « Les étudiants arrivent et ne savent pas faire. Quand je commence ma nuit, je fais un tour de change et je donne des collations, on essaye de discuter un peu avec les patients. Vers 5 h, on refait un tour. Mais entretemps, il y a du travail. Le problème, c’est que les étudiants ne restent pas assez longtemps pour être formés et connaître les patients. Je peux me retrouver avec un étudiant différent tous les soirs. Depuis deux ans, je suis toute seule quand je travaille la nuit ».
Ce qu’elle demande, ce sont des titulaires, des personnes qualifiées. « Une fois, je me suis retrouvée avec une étudiante un soir. Elle travaillait dans le service depuis 15 jours. Je lui ai demandé d’aller donner le traitement à un patient. Quand je suis rentrée dans la chambre, il l’avait agrippé par le bras. Elle était tétanisée. Elle n’a pas su réagir. Je ne peux pas les envoyer chez certains patients car ils risquent de prendre un coup. Je dois protéger les patients. On est seule à gérer le service et les étudiants ».
« Depuis le mois de janvier, on a interpellé la direction pour la prise en soin de nos patients et le manque d’effectifs, et on n’est pas entendus du tout, ajoute Mélanie. Il y a d’autres services qui ont eu des problèmes d’effectifs et des mesures concrètes ont été mises en place comme des fermetures de service pendant l’été, la répartition des patients dans d’autres services, ou même la répartition des soignants. Une unité psychiatrique a été fermée pour l’été, on attendait des renforts mais personne n’est venue ».

Les effectifs sont difficiles à trouver. On n’arrive pas à remplacer de manière pérenne. Laurence Chardon, directrice adjointe des opérations sanitaires.

Du côté de la direction, on assure que les négociations avec l’ARS sont en cours pour que l’USLD acquière une spécificité psychiatrique. « Concernant les effectifs, on est dans un contexte difficle au niveau national, évoque Laurence Chardon, directrice adjointe des opérations sanitaires. On n’arrive pas à stabiliser les équipes, on travaille donc beaucoup avec des remplaçants, ce qui met en difficulté le service, les équipes et les patients. Il y a un épuisement général des équipes et nous le savons. On travaille dessus avec les moyens qu’on a. Les effectifs sont difficiles à trouver. On n’arrive pas à remplacer de manière pérenne ».
La direction affirme avoir gelé les admissions dans le service, mais seulement pour l’été. « La problématique est identifiée, et même si on a peu de moyens d’actions, on va essayer de travailler sur autre chose comme la formation, ou encore des solutions techniques qui peuvent faciliter le quotidien des équipes ».

Les soignants de l’ULSD attendent aussi une augmentation de salaires. Un moyen selon eux de faire en sorte aussi que le service soit plus attractif et donc d’attirer des candidats. « Le risque est que par épuisement professionnel, on peut faire une erreur d’administration de traitement à nos patients, insiste Mélanie. La situation est urgente ». 

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/on-a-vampirise-nos-ames-de-soignants-melanie-infirmiere-a-l-hopital-sainte-marie-de-clermont-ferrand-2577872.html?fbclid=IwAR37bdDCrr2dGIyjPM__5KfiHYzjJ5kiAoTeVE2oDHR7icLEdYUXtOBtFKQ

Fin de la redevance : les syndicats en ébullition

Déterminée à préserver l'indépendance et la pérennité du financement de l'audiovisuel public – après l'annonce par Emmanuel Macron de vouloir, dès cet été,  supprimer la contribution à l’audiovisuel public (CAP), anciennement appelée « redevance » – l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-SNJ-Sud-Unsa-CGC-CFTC prépare les prochaines étapes de sa bataille pour sauver le service public de l'information et de la culture

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Le candidat à sa réélection avait promis aux Français en mal de pouvoir d'achat la suppression de l'impôt sur l'audiovisuel public. Le président réélu a tenu sa promesse. Et sans tarder. La suppression de la CAP est en effet intégré au projet de loi sur le pouvoir d'achat qui sera présenté au Conseil des ministres le 6 juillet prochain et examiné au Parlement dans la foulée. Avec à la clé une épineuse question :  comment financer le service public audiovisuel après la suppression de la CAP qui constituait jusqu'ici 3,8 milliards d'euros de recettes annuelles et entre 80 % à 90 % du financement des médias publics tels que France TV, Radio France, Medias Monde, l'INA, Arte… ?

« Nous sommes très inquiets pour l'avenir et l'indépendance de l'audiovisuel public mais aussi pour tout l'écosystème d'entreprises para-publiques et de salariés qui y gravitent, y travaillent et alimentent nos médias en contenus d'information, culturelles et de divertissement », confie Denis Gravouil, membre de la direction confédérale CGT.

Exiger un budget affecté

Avec l'intersyndicale de l'audiovisuel public mobilisée le 28 juin, il porte l'exigence d'un budget affecté, calculé sur une autre assiette de financement que celle de l'ex -redevance télé qui, elle, était couplée à la taxe d'habitation, également supprimée en 2021. Plusieurs idées portées par les syndicats et les entreprises de production sont à l'étude. Elles seront présentées aux députés afin qu'ils les défendent lors des débats parlementaires du mois de juillet, qui s'annoncent tendus.

« Dans le contexte d'une Assemblée nationale sans majorité absolue avec des groupes de droite traditionnellement hostiles au service public de l'information qui tendent à soutenir cette idée portée par le président Macron que l'Etat doit se concentrer sur ses missions régaliennes et abandonner l'audiovisuel public au secteur privé, on risque d'aboutir à un financement qui passe par l'impôt et qui, dans ce cas, ne sera plus indépendant du politique », analyse Denis Gravouil. Seul moyen d'immuniser le service public contre l'arbitraire politique ou encore, les arbitrages annuels qui ne manqueraient pas de se traduire par des pressions sur les médias publics : sacraliser leur indépendance par un financement pérenne dédié et mener cette bataille jusqu'à la victoire.  Sur proposition de la CGT, une pétition permet à toutes les citoyennes et tous les citoyens d'exprimer leur soutien.

Source NVO : https://nvo.fr/fin-de-la-redevance-les-syndicats-en-ebullition/

Hôpital public : l’été meurtrier ?

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Faute de personnel, de nombreux services d’urgences sont contraints de réduire leur activité

L’absence de réponses aux multiples dysfonctionnements qui gangrènent le système de santé fait craindre une catastrophe majeure cet été. Entretien avec Laurent Laporte, secrétaire général de l’Ufmict-Cgt (*).

Options : Urgences en détresse, services fermés, désaffection des soignants,  l’hôpital menace de s’effondrer ?

Laurent Laporte : « Le monde d’après » ressemble furieusement au monde d’avant, en pire! Les responsables de la catastrophe en cours martèlent que l’hôpital a tenu pendant la pandémie, se dédouanant d’avoir orchestré son affaiblissement, comme si cette destruction planifiée de nos moyens n’avait pas impacté la capacité de notre système à répondre à la crise sanitaire et aux futurs besoins de santé publique. Ce n’est pas l’hôpital qui a tenu, mais les soignants, au péril de leur vie parfois, et indéniablement de leur santé. Ils ont géré la pénurie malgré les contraintes, les protocoles contradictoires et les mensonges destructeurs.

Pour rappel, au début, il y avait des masques mais pas indispensables selon le ministère, ce qui tombait bien vu qu’il n’y en avait pas. Les soignants ont dû se bricoler du matériel de protection, travaillant même avec des sacs poubelles comme surblouses, dans des conditions dégradées et dégradantes pour eux comme pour les malades.

Pendant longtemps, fautes de remplaçants, ceux qui attrapaient le covid ont été autorisés à travailler, jusqu’au moment où les héros sont devenus des zéros : ceux qui mettaient en doute la capacité des vaccins à empêcher de contracter et de transmettre le virus ont été suspendus. Ils seraient entre 5000 et 15000, dont rien ne dit qu’ils réintègreront leur poste s’ils y sont autorisés, tant le ras le bol et le dégoût ont pris le dessus : pour tous les collègues, entendre qu’ils seraient irresponsables voire propagateurs du virus a été insupportable.

Les démissions, dont les chiffres échappent même au ministère, sont massives. Les soignants et les paramédicaux optent pour un exercice alternatif de leur métier, dans le privé, en libéral, dans l’éducation nationale, les services sociaux – ou se reconvertissent : du moment qu’ils trouvent un salaire, des conditions de travail ou des horaires plus décents !

L’hôpital se vide de ses compétences, donc on supprime encore plus de lits, jusqu’aux services d’urgences. Un sur cinq (120) est en situation critique et envisage de fermer à certains horaires ou de trier – et exclure – une partie des personnes qui s’y rendent. Nos collègues vivent très mal d’être complices de ce tri indécent, et au moment où tous doivent prendre des congés pour tenir le coup, les canicules qui commencent déjà ajoutant à l’inquiétude.

Les mesures prises dans le cadre du Ségur, pas plus que celles récemment annoncées, ne suffisent à améliorer la situation?

Nous l’avons suffisamment dénoncé, la prime de 183 euros n’a pas été attribuée à tout le monde et n’a pas plus revalorisé nos métiers à la hauteur des compétences investies et du travail fourni, tous niveaux de qualification confondus! Le déclassement touche toutes nos professions. Au-delà du manque de reconnaissance, les conditions de travail et le poids des responsabilités à assumer nous font douter que la promesse d’Emmanuel Macron – embaucher au plus vite 50000 soignants – soit réalisable.

Même pour ceux qui sont toujours en poste, le dévouement n’efface pas la peur au ventre, quand on sait qu’on ne pourra pas travailler correctement, qu’il faudra peut-être accomplir en catastrophe des gestes pour lesquels on n’est pas habilité ou formé, et que cela peut avoir des conséquences graves. La tension monte dans les équipes, et aussi parfois dans le relationnel avec les usagers, notamment aux urgences.

Les patients sont pourtant la plupart du temps … patients, et c’est scandaleux de culpabiliser les gens parce qu’ils engorgeraient les urgences, alors qu’ils n’ont nulle part où aller quand ils ont besoin d’une prise en charge immédiate. Ils y vont le plus souvent pour de bonnes raisons, il faut se donner les moyens de les accueillir. Qui peut prétendre qu’une douleur abdominale n’est qu’un simple bobo, quand elle peut être le symptôme d’une pathologie grave?

Les urgences qui ferment sont le signal ultime d’un système au bout de sa logique ?

Si les urgences craquent, c’est parce qu’il n’y a pas assez de médecins « de ville » assurant des gardes, réalité encore plus préoccupante dans les petites villes ou les territoires ruraux, où moins ils sont nombreux, plus leur travail est éreintant et peu attractif. C’est en partie le résultat d’un lobbying constant de la part de certaines de leurs instances représentatives, qui ont imposé un numérus clausus, pour assurer à chacun d’entre eux une patientèle rentable au regard de leurs années de formation.

Une formation pourtant en grande partie financée par la collectivité, et un numérus clausus qui a écarté des jeunes très motivés qui auraient pu faire de très bons médecins… Il faudra des années pour remédier à cette pénurie de praticiens, et pendant ce temps, l’hôpital fonctionne grâce au recours à des médecins à diplôme étranger hors union européenne (les Padhue), sous statut de « stagiaires » payés trois fois moins, et pourtant menacés de perdre leur droit d’exercer d’ici cet été !

Dans toutes les professions de l’hôpital, c’est la même chose, on ne reconnaît pas les compétences mais on les exploite, en exigeant même des soignants d’en faire plus, en « décloisonnant les métiers » pour pallier les manques de personnel et de compétences. Ainsi, des infirmières ou des aides-soignantes accomplissent des actes médicaux pour lesquels elles ne sont pas habilitées ou formées.

Dans les Ehpad, le recours à n’importe quel salarié présent, fusse-t-il chargé du ménage ou de toutes autre tâche, sans respect des protocoles d’hygiène ou connaissance minimale de ce que peut être le soin, s’est soldé par une hécatombe pendant la pandémie. Pour l’heure, la solution est d’instaurer une obligation de garde aux urgences pour tous les médecins, et de revenir sur la suppression des gardes obligatoires pour les médecins de ville, actée en 2002, juste avant la canicule catastrophique de l’été 2003.

Comment rendre les métiers de la santé attractifs et faire revenir des soignants à l’hôpital ?

Pas besoin d’une nouvelle «mission flash» ! Pour reconstituer un vivier de soignants et de paramédicaux, il faut revaloriser ces métiers et mieux former les jeunes. On constate par exemple depuis quatre ans que les demandes de formation en Ifsi (Instituts de formation en soins infirmiers) sont en tête sur Parcoursup, mais c’est une illusion statistique car rarement le premier choix des lycéens.

Les Ifsi n’arrivent pas à remplir leurs classes, et une récente étude de la Fnesi (Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières) témoigne même que 60% des étudiants ont songé à abandonner leur formation et que 13% l’ont fait. Les étudiants demandent que leurs stages (la moitié du cursus) soient réellement encadrés, alors qu’ils sont souvent accueillis sans ménagement et confrontés à la réalité brutale de services dysfonctionnels et en manque de personnel. Emmanuel Macron vient d’annoncer que les étudiants de troisième année pourront travailler dès cet été, avant même d’être diplômés, ce qui se fait déjà mais n’augure pas d’améliorations en la matière!

On constate aussi que même en proposant des contrats très attractifs à des infirmiers intérimaires, comme l’a fait l’ARS d’Ile-de-France, les candidats se font rares (63, dans ce cas)! Si les pouvoirs publics ne se décident pas à régler à la fois les questions de salaires et de conditions de travail, donc des moyens pour l’hôpital, ils laissent le champ libre au privé, et compromettent la possibilité pour tous les citoyens d’accéder à des soins. Les personnes qui ont été gravement touchées par le covid ou qui ont perdu des êtres chers apprécieront.

Les mobilisations pour rappeler les besoins de l’hôpital et ceux des soignants vous semblent-elle à la hauteur ?

Aujourd’hui, les soignants sont soit à la rue, soit dans la rue! Les personnels qui comptent rester à l’hôpital continuent de se battre pour que leur travail ait un sens et soit reconnu. Rappelons par exemple que le travail de nuit d’une infirmière est toujours payé 1 euro de plus par heure seulement, et que la pénibilité n’est plus reconnue comme motif de départ à la retraite anticipé pour les soignants. Nos dirigeants n’écoutent pas les organisations représentatives des personnels, semblent satisfaits de voir que le mécontentement ne s’exprime plus de manière aussi collective. Mais cette illusoire « paix sociale » cache la désaffection de ceux qui quittent le navire pour sauver leur peau, et annonce de sombres perspectives.

Propos recueillis par Valérie Géraud

(*) Union fédérale des médecins, ingénieurs, cadres et techniciens de la Cgt santé.

Source : https://cgtchumontpellier.reference-syndicale.fr/2022/06/28/hopital-public-lete-meurtrier/

Ardèche Manifestation au conseil départemental : « Je dénonce la forme choisie par les manifestants »

Olivier Amrane, président du département de l’Ardèche, revient sur les manifestations qui ont émaillé le dernier conseil départemental, vendredi 17 juin.

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Olivier Amrane ne veut « pas vivre un mandat sous la provocation et l’animosité. » Photo Le DL /Pierre BRUNET

Le calme habituel des conseils départementaux a été perturbé à plusieurs reprises par des manifestants , vendredi 17 juin. Banderoles revendicatrices portées hautes, cornes de brume qui empêchent les prises de parole des élus, revendications au mégaphone dans le hall d’entrée, les travailleurs sociaux issus du syndicat CGT...

Source le Dauphiné Libéré 07 du 24 juin 2022

https://c.ledauphine.com/faits-divers-justice/2022/06/24/manifestation-au-conseil-departemental-je-denonce-la-forme-choisie-par-les-manifestants

Tout ce que vous devez savoir sur les raisons de cette mobilisation...

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Mais aussi......

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La sécurité alimentaire nécessite des services de contrôle publics efficaces

Depuis le début de l'année 2022, deux scandales sanitaires ont eu lieu dans des grands groupes agro-alimentaires. Ces problèmes trouvent leur origine dans la volonté de baisser les coûts de production. Des contrôles indépendants des entreprises permettraient d'agir en amont.

Danger ecoli

Le 18 mars dernier, le groupe Nestlé annonce retirer de la vente les pizzas surgelées Fraîch'Up, de la marque Buitoni.

En cause : la bactérie Escherichia coli, présente dans la pâte d'une pizza. Deux enfants sont morts sur les 79 personnes dont la contamination a pu être établie. Plusieurs garderont certainement de lourdes séquelles.

Peu avant Pâques, c'est le groupe Ferrero qui procède au rappel de plus de 3 000 tonnes de produits Kinder issus de l'usine d'Arlon en Belgique.

Au moins 150 cas d'intoxication aux salmonelles liés à ces produits sont détectés dans neuf pays européens, dont 81 en France, essentiellement chez des enfants de moins de 10 ans.

Des salmonelles avaient été détectées dans l'usine dès le mois de décembre 2021.

Dans les grands groupes du secteur, les politiques d'économie aboutissent à la réduction du nombre de salariés spécialistes de l'hygiène mais aussi de ceux réalisant les contrôles en laboratoire.

Lorsque ce sont des cabinets privés qui viennent faire ces contrôles, ils sont payés par les entreprises, ce qui pose la question de leur indépendance.

Du côté des services publics, les organismes chargés de ces contrôles perdent chaque année des effectifs.

En 2019, la Cour des comptes dénonçait leur manque de moyens. Au sein du ministère de l'Agriculture, la DGAL (Direction Générale de l'Alimentation), qui a la charge de veiller à la sécurité et à la qualité des aliments à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, a baissé le nombre de ses contrôles alimentaires de 33 % entre 2012 et 2019. De 2007 à 2020, les services de la répression des fraudes sont passés de 3 600 à 2 600 agents.

La France n'est pas un cas isolé : le Bureau européen des unions de consommateurs alerte sur une baisse des contrôles de l'alimentation dans douze pays européens.

Pour la CGT, les autorités sanitaires doivent voir leur rôle renforcé afin de pouvoir effectuer des contrôles publics systématiques.

Au sein des entreprises, les personnels des métiers de la maintenance et du nettoyage doivent être employés en CDI et formés aux spécificités du travail avec des matières vivantes.

Les personnels des laboratoires doivent être plus nombreux, qu'ils travaillent en recherche et développement ou contrôlent la qualité des produits.

Les comptes de l'Unédic excédentaires, les radiations de chômeurs en forte hausse

L'Unédic, l'organisme chargé de la gestion de l'assurance chômage, a présenté ses prévisions financières. Il annonce un excédent de 10 milliards d'euros sur trois ans, entre 2022 et 2024.

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Depuis que cette réforme s'applique, il faut avoir travaillé six mois (au lieu de quatre auparavant) pour pouvoir prétendre à une indemnisation.

Pour le premier trimestre 2022, ce sont 79 000 créations d'emplois qui ont été enregistrées.

« Sur ces trois années, les deux tiers des excédents résultent de la mise en œuvre de la réforme de l'assurance chômage », explique l'Unédic dans un communiqué.

Nombre de personnes ayant travaillé quatre ou cinq mois ne s'inscrivent plus à Pôle Emploi car elles savent qu'elles ne pourront pas être indemnisées.

Par ailleurs, le montant de l'allocation chômage prend désormais en compte les périodes d'inactivité, plus seulement les jours travaillés comme c'était le cas auparavant. Plus les travailleurs ont des contrats courts, plus ils risquent de voir le montant de leur allocation baisser.

Au sein des agences Pôle Emploi, des consignes sont données d'augmenter le nombre d'interpellations de chômeurs dont on considère qu'ils n'auraient pas respecté leurs obligations de recherche.

Sur un an, les radiations administratives sont en hausse de 40,8 %.

Dans ces conditions, « comment, se féliciter de l'amélioration des comptes de l'Unédic ? interroge Denis Gravouil, responsable confédéral.

S'il y a moins de chômeurs parce qu'ils ont retrouvé du travail, c'est une bonne nouvelle. S'il y a moins de chômeurs parce qu'ils ne sont plus indemnisés, sans pour autant avoir retrouvé du travail... Ce n'est pas une bonne nouvelle. »

En 2021, l'Unédic avait estimé qu'1,15 million de personnes verraient leur indemnisation baisser du fait de la réforme, combattue par tous les syndicats.

« Le gouvernement avait exigé 3,9 milliards d'économie sur trois ans. En réalité, c'est deux fois plus. C'est encore plus violent que prévu, analyse Denis Gravouil. La réforme consacre une baisse d'allocations ciblées sur les chômeurs les plus précaires, qui sont plus nombreux du fait des effets de cette même réforme. La crise a accentué le fait que certains aient moins de contrats, plus espacés. Et ça se traduit dans les comptes. »

Lors du prochain conseil d'administration de l'Unédic, il sera notamment question de la revalorisation de l'indemnisation.

Avec une inflation à 5,5 % qui s'ajoute aux effets de la crise, la CGT prône une augmentation minimale de 8 %.

Pour la CGT, l'assurance chômage doit couvrir tous les privés d'emploi. Un service public de l'emploi basé sur la justice sociale doit être mis en œuvre.

Ce dimanche, portons le social et l’écologie au Parlement, par Sophie Binet, secrétaire générale de l’Ugict-Cgt

Ce dimanche ont lieu les élections législatives. Malgré la stratégie du Président de la République pour empêcher le débat, elles s’annoncent plus serrées que prévu. La colère et la lucidité grandissent. La paupérisation de nos services publics et la crise des recrutements démontrent le résultat des politiques low cost, de négation de la qualification et de déclassement salarial : la 7e puissance mondiale n’a plus assez d’enseignant·e·s, de chercheur·e·s, de médecins, d’infirmières, d’ingénieur·e·s….

Sophie binet ugict 400x601Notre bulletin de vote est un outil pour changer la donne. Le rassemblement des forces de gauche, dans le respect de leur diversité et sans hégémonie, donne de l’espoir et ouvre enfin des perspectives. Nous pouvons gagner l’élection de député·e·s qui portent la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires, la réduction du temps de travail et la fin des inégalités entre les femmes et les hommes. Nous pouvons faire élire des parlementaires qui répondent enfin au défi environnemental avec le développement de circuits courts, la relocalisation de l’industrie, et la création d’un pôle public de l’énergie par exemple.

Signe du rapport de force : le pouvoir marche sur des œufs avec la réforme des retraites et temporise sur le calendrier. Mais ne nous y trompons pas : s’il obtient une majorité, Emmanuel Macron mettra son projet en route sans attendre.

La CGT est indépendante des partis politiques et des employeurs mais pas neutre. Elle intervient partout pour porter les revendications des salarié·e·s. C’est à ce titre que nous appelons à voter dimanche pour les candidat·e·s qui portent le plus les revendications du monde du travail. Rien n’est encore joué pour les cinq années à venir. Tout dépend de notre vote et de notre mobilisation au travail et dans la cité.

Nous savons que le rapport de force social est d’autant plus puissant quand il a un débouché politique. Mais les trop rares périodes où la gauche a été au pouvoir nous enseignent aussi combien une intervention permanente du mouvement social est indispensable pour éviter les violentes désillusions. Quels que soient les résultats des élections, le combat syndical continuera. L’élection de députés de gauche constitue un point d’appui évident. Ne nous en privons pas. Ce dimanche, ne passons pas notre tour !

Source : https://journaloptions.fr/2022/06/10/ledito-de-sophie-binet-secretaire-generale-de-lugict-cgt-ce-dimanche-portons-le-social-et-lecologie-au-parlement/

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