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Pénibilité au travail : les pires conditions sont à L’HÔPITAL !
- Le 02/01/2020
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Une étude publiée le 24.12.19 par la Dares, l’organisme statistique dépendant du ministère du Travail, montre que la pénibilité au travail est très élevée pour le personnel hospitalier.
L’étude sur l’exposition aux risques des salariés du privé et du public prouve que c’est le personnel hospitalier qui a la pénibilité la plus élevée, avec quatre grands types de “risques” analysés : les contraintes physiques, les contraintes organisationnelles, l’exposition à des agents chimiques et biologiques, et l’exposition à des risques psychosociaux.
La manutention manuelle de charges concerne 53,5% des agents, avec des contraintes “posturales et articulaires” (position debout prolongée, piétinement, posture à genoux et/ou accroupie, etc.).
85 % des hospitaliers sont exposés à au moins une pénibilité physique : la position debout prolongée, le port de charges lourdes, la réalisation de mouvements douloureux et fatigants ainsi que des déplacements fréquents et longs.
Le personnel hospitalier est également le plus exposé aux risques biologiques (73%), et à des agents chimiques comme l’eau de javel ou différents types d’alcools (éthanol, butanol, isopropanol, etc.) : 57% des agents hospitaliers en souffrent.
Ces salariés sont particulièrement exposés au risque d’abandon de tâche pour une autre non prévue (65,8%) ; aux horaires variables d’un jour à l’autre (34,1%) ; ou encore au travail le dimanche (45,6%) et au travail de nuit. Sans compter le fait de devoir travailler au-delà de l’horaire officiel, et de ne pas avoir assez de temps pour faire correctement son travail.
Le travail de nuit, le travail le week-end ou encore le fait de ne pas disposer d’au moins 48 heures consécutives de repos concernent plus de 70 % des personnels du secteur hospitalier.
Ces trois formes de contrainte (horaires décalés, pénibilité physique et exposition à des risques chimiques et biologiques) se cumulent et touchent plus fortement certains métiers. Les infirmières, les sages-femmes et les aides-soignantes sont les plus fortement soumises aux contraintes pathogènes.
Le personnel hospitalier fait face aux contraintes horaires, au contact avec le public parfois difficile : 30 infirmiers sont agressés chaque jour dans les établissements de santé.
Enfin, les hospitaliers sont les plus exposés aux risques psychosociaux :
35,3% d’entre eux disent être en situation de tension au travail (forte demande psychologique et faible latitude décisionnelle),
57,7% des hospitaliers souffre d’un manque de reconnaissance,
Téléchargez le Document DARES Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (ministère du Travail), Les expositions aux risques professionnels dans la fonction publique et le secteur privé en 2017 (Synthèse Stat’ Enquête SUMER 2017)
Réforme des retraites, souffrance au travail : le moral des personnels soignants est au plus bas
- Le 31/12/2019
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Selon un sondage réalisé par Odoxa pour franceinfo et "Le Figaro" et paru lundi matin, plus de la moitié des infirmiers et des aides-soignants se sentent incapables d'exercer correctement leurs missions.
Malgré les annonces du "plan hôpital" présenté en novembre 2019 par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, le moral des personnels hospitaliers est toujours en berne en cette fin d’année 2019. D’après le Carnet de santé réalisé par Odoxa pour la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), pour franceinfo et Le Figaro, lundi 30 décembre, plus de la moitié des infirmiers et des aides-soignants se sentent incapables d'exercer correctement leurs missions. Par ailleurs, deux-tiers des soignants estiment qu'ils seront défavorisés par la réforme des retraites.
Près d'un millier de personnels hospitaliers ont été interrogés pour cette étude. Premier enseignement : les soignants sont 54% à se dire mécontents à l’hôpital. Ce niveau de souffrance au travail n'a été observé qu'une seule fois, en juin 2019, depuis la création du baromètre. Ces 54% de mécontents sont à mettre en parallèle avec le reste de la population. En effet, près de 80% des Français se disent satisfaits au travail. Dans le détail, ce mal-être des personnels soignants n'est pas uniforme : les cadres de santé sont bien plus épanouis au travail que les infirmières ou les aides-soignantes.
Par ailleurs, le baromètre fait ressortir un constat unanimement partagé : l'hôpital va mal, et ce pour près de 80% des Français et quasiment pour la totalité des personnels hospitaliers (96%). La situation des urgences est également jugée critique par une écrasante majorité de citoyens et de soignants. De plus, la situation de l'hôpital et le fonctionnement de notre système de santé ne s'arrangeront pas en 2020 d'après 9 soignants sur 10.
70% pronostiquent que la réforme des retraites les pénalisera
Enfin, la réforme des retraites est perçue comme pénalisante par deux-tiers des personnels hospitaliers qui estiment qu'ils seront désavantagés par le nouveau système. Ce taux de mécontentement est bien plus élevé que dans le reste de la population. En effet, 48% des Français jugent qu'ils seront pénalisés par la réforme. Dans le détail, parmi les soignants, ce sont les infirmiers et infirmières qui se montrent les plus pessimistes : 70% d'entre eux pronostiquent une réforme qui va les désavantager. Ce ne sont donc pas les annonces du Premier ministre Edouard Philippe sur une prise en compte "plus généreuse" de la pénibilité dans la nouvelle réforme qui auront suffi à rassurer les personnels soignants.
Cette étude a été réalisée par internet auprès d'un échantillon de 1 002 personnes représentatif de la population française (les 18 et 19 décembre) ainsi qu'auprès d'un échantillon de 936 professionnels de santé hospitaliers (du 16 au 20 décembre).
Financement de la Sécurité sociale en 2020 : le budget de la colère
- Le 30/12/2019
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Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2020 (PLFSS) est revenu en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale fin novembre, après que les sénateurs ont eu rejeté l'ensemble du texte et que la commission paritaire mixte a échoué à parvenir à un consensus. La chambre haute a estimé que l'annonce par le gouvernement d'un plan d'urgence pour l'hôpital, le 20 novembre, rendait ses débats caducs.
Il y était annoncé une augmentation de l'Ondam (objectif national des dépenses d'assurance maladie) hospitalier à 2,4 %, (augmenté de 0,3 % puisque 2,1 % était fixé initialement), alors qu'en réalité la progression tendancielle des dépenses est estimée à 4,5 %. Face aux besoins, en particulier des hôpitaux publics, les organisations syndicales, les collectifs et associations de patients mobilisés demandent que la progression soit estimée à 5 %.
Déshabiller Pierre pour habiller Paul
« On nous propose un budget qui oblige à la poursuite des plans d'économie, avec fermetures de lits et restrictions d'emplois… Sous la pression, la ministre a annoncé un plan de 750 millions d'euros pour les urgences. Les deux organisations représentatives ont signé un communiqué commun disant : on rend les 750 millions à la ministre. La loi de finances définit un budget qui ne doit pas être dépassé dans l'année, et si tu donnes 750 millions aux urgences, tu les prends ailleurs. Dans les établissements de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), 200 postes ont été octroyés soit-disant aux urgences, tandis que 200 postes ont été supprimés dans les hôpitaux de gériatrie », détaille Christophe Prudhomme, membre du bureau de la fédération CGT de la Santé et de l'Action sociale et porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF).
Les exonérations patronales créent un manque à gagner
La non-compensation, pour la Sécurité sociale, des exonérations de cotisations génère une perte directe de recettes de 5,1 milliards d'euros pour la Sécurité sociale, (dont le déficit pour 2020 est prévu à 5,4 milliards). Le gouvernement Macron est le premier des gouvernements à ne pas respecter la loi Veil, depuis qu'elle a été votée en 1994, qui impose le principe d'une compensation.
« Pour la CGT, il est clair que le principe de non-compensation va aggraver le déficit, mais c'est le principe même des exonérations de cotisations sociales, sans aucune contrepartie sur les salaires et l'emploi, qu'il faut revoir », explique Nathalie Verdeil, membre du bureau confédéral de la CGT.
La Cour des comptes, dans son rapport annuel sur les comptes de la Sécurité sociale, chiffre à 90 milliards d'euros le montant rapporté par les « niches sociales » – soit autant que les « niches fiscales » –, et surtout un chiffre supérieur « d'environ 25 milliards » à celui annoncé par le décompte officiel des principales exonérations et exemptions annoncées dans une annexe du PLFSS.
“Est-ce que cette politique, présentée comme politique de l'emploi, doit reposer sur des exonérations de cotisations sociales ? C'est complètement illogique. C'est prélever de l'argent sur la Sécurité sociale, pour le compenser ensuite – mais pas nécessairement ou seulement partiellement – par de l'impôt. Autant financer directement les mesures en faveur de l'emploi par l'impôt. D'autant que l'argent de la Sécurité sociale, ce n'est pas de l'argent qui appartient à l'État, ça appartient aux travailleurs”, estime Christophe Prudhomme.
En supprimant les exonérations pour les entreprises du CAC 40 (2,7 milliards d'euros pour le CICE, 800 millions pour le taux réduit sur les allocations familiales et 2 milliards d'euros pour les allègements Fillon pour les salaires autour du Smic), 5,5 milliards d'euros par an pourraient être socialisés.
Source NVO : https://nvo.fr/financement-de-la-securite-sociale-en-2020-le-budget-de-la-colere/
Les blouses blanches amplifient la mobilisation et ne lâchent rien
- Le 19/12/2019
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Réforme des retraites : Êtes-vous concernés par la réforme des retraites ?
- Le 15/12/2019
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Vous êtes né avant 1975
Vous pensez bientôt partir à la retraite en échappant à la réforme Macron ? Détrompez-vous : certes, le nouveau système de retraite par points ne s’applique pas aux personnes nées avant 1975. Mais, comme l’a rappelé Édouard Philippe dans son discours du 11 décembre, le gouvernement entend instaurer un « âge d’équilibre » afin de contraindre les Français à travailler plus tard. Ainsi, si la réforme est adoptée, à partir de 2027, si vous prenez votre retraite avant l’âge de 64 ans, vous subirez une décote sur le montant de votre pension.

Vous êtes né entre 1975 et 2003
Si vous êtes né entre 1975 et 2004, vous basculeriez dans le système à points voulu par Macron en 2037 au plus tard. Vous conserveriez vos droits à la retraite acquis précédemment.
Et en plus du nouveau système, l’instauration d’un « âge d’équilibre » s’appliquerait également.
Vous êtes né en 2004 ou après
Dès le début de votre carrière, vous entreriez dans le système de retraite à points.
Source : https://nvo.fr/etes-vous-concerne-par-la-reforme-des-retraites/
Réforme des retraites : Les réactions de la CGT aux annonces du Premier ministre sur la réforme des retraites
- Le 15/12/2019
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Après les annonces d'Édouard Philippe, les syndicats et leurs dirigeants ont vivement réagi aux mesures annoncées. La fixation de « l’âge d’équilibre » à 64 ans étant la mesure qui fait le plus réagir des syndicats pourtant peu à la pointe du combat contre la réforme des retraites. Seul à avaliser ces annonces dans cette collection d’avis négatifs, le Medef y trouve une place logique, mais considère encore que le gouvernement a perdu du temps… Analyse à chaud du discours d’Édouard Philippe.
Philippe Martinez : « Le gouvernement s'est moqué du monde »
« Le gouvernement s'est moqué du monde », a réagi Philippe Martinez qui « ne croit pas que les cheminots seront satisfaits » par le discours d'Édouard Philippe sur la réforme des retraites. « C'est surtout se moquer de ceux qui sont en lutte aujourd'hui et de l'opinion publique qui est largement défavorable à ce projet »
« Le gouvernement veut individualiser le système de retraite (…). Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable. »
Seul à le valider, le Medef qui y voit « un bon équilibre »
Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a qualifié mercredi de « bon équilibre » les propositions présentées par le Premier ministre Édouard Philippe sur la réforme des retraites, tout en regrettant d'avoir « perdu six mois ».
« Du côté des entrepreneurs que représente le Medef, c'est un bon équilibre entre une réforme qui est redistributive (…) et la nécessité que tout ça doit être financé par quelqu'un et donc qu'il faut, quand c'est possible, qu'on travaille plus longtemps », a-t-il réagi après l'intervention du Premier ministre.
« Je pense que nous avons perdu six mois », a affirmé le président de l'organisation patronale, qui avait reproché lundi à l'exécutif son « manque de clarté » dans cette réforme.
Réforme des retraites : Édouard Philippe a livré le contenu de la réforme des retraites
- Le 15/12/2019
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Le Premier ministre, Édouard Philippe, livre les détails de la réforme des retraites du gouvernement devant le Conseil économique, social et environnemental le mercredi 11 décembre 2019.
Après plus de vingt réunions en deux ans et six jours de grève et de manifestations, Édouard Philippe avait annoncé qu'il révélerait « l'intégralité » du projet de loi gouvernementale réformant notre système de retraite solidaire pour le remplacer par un système par points.
Ce 11 décembre, au Conseil économique, social et environnemental, il n'a fait que redire ce qui avait déjà été annoncé malgré une contestation au plus haut.
Citer, comme il l'a fait, l'esprit et les valeurs du Conseil national de la Résistance relève, à la fois, au regard de son projet de réforme, de la démagogie et de la provocation ; car ce qu'il confirme, c'est bel et bien un projet de régression sociale où chacun devra travailler plus longtemps pour des pensions au montant aléatoire.
Le projet de loi sera « prêt à la fin de l'année », soumis au conseil des ministres le 22 janvier et discuté au Parlement fin février. D'ici là, la mobilisation se poursuit, au point que la CFDT elle-même, pourtant favorable à un système par points, a dénoncé le plan gouvernemental et annoncé qu'une ligne rouge était franchie.
Travailler plus
Le Premier ministre a confirmé sa volonté de maintenir l'âge légal de départ en retraite à 62 ans, mais en créant un « âge d'équilibre » à 64 ans dès 2027, avec « un système de bonus-malus (…) qui incitera les Français à travailler plus longtemps ».
Ceux qui voudront prendre leur retraite à un âge raisonnable devront donc en payer le prix fort par une décote et des réductions de leurs pensions. Et ce, malgré le chômage qui frappe déjà les séniors ainsi que la précarité que subissent les jeunes arrivant sur le marché du travail.
Les plus jeunes trinqueront
Espérant diviser le mouvement et calmer la colère des moins jeunes, comme s'ils n'avaient pas d'enfants ou se désintéressaient de leur avenir, Édouard Philippe a annoncé des entrées différenciées dans son nouveau système.
Ainsi, les Français nés avant 1975 « ne seront pas concernés », la génération 2004 « qui aura 18 ans en 2022 » sera « la première à intégrer le système » et pour les autres « la transition sera très progressive », avec une partie de la retraite calculée selon le système actuel pour « la partie de carrière effectuée jusqu'à 2025 » puis selon les nouvelles règles pour le reste de la carrière.
Les plus précaires le resteront
Les enseignants le savent : ils font partie de ceux qui ont le plus à perdre avec la réforme gouvernementale, notamment parce que le niveau de leurs pensions serait calculé non plus sur leur traitement brut de base des six derniers mois d'activité, mais sur toute leur carrière, en dépit de niveaux de salaires très bas dans les premières années. Leur niveau de pension est donc mécaniquement amené à baisser.
Le Premier ministre a annoncé une garantie inscrite dans la loi selon laquelle « le niveau des retraites des enseignants sera sanctuarisé et comparable au niveau des retraites des fonctions ou des métiers équivalents dans la fonction publique », indiquant « nous engagerons avant la fin du quinquennat les revalorisations nécessaires pour maintenir le niveau des pensions » des enseignants, une revalorisation progressive commençant en 2021.
Mais son ministre de l'Éducation a évoqué 400 à 500 millions d'euros par an. Or, selon les chiffres du ministère, on compte plus de 1 145 000 de personnels dans l'Éducation nationale, dont 870 000 enseignants dans le primaire et le secondaire. Le calcul est donc vite fait…
Alignement par le bas
« Le temps du système universel est venu. Celui des régimes spéciaux s'achève », a également annoncé quasi triomphalement Édouard Philippe, qui a cependant confirmé que les pompiers, les gendarmes, gardiens de prison ou les militaires conserveraient les bénéfices liés à l'âge.
Certes, là où le locataire de l'Élysée avait proclamé qu'il ne voulait pas parler de pénibilité, son Premier ministre évoque la possibilité pour les « métiers usants » de partir « deux années plus tôt ».
Ce qui revient cependant à travailler plus longtemps que ce que permet aujourd'hui le travail permanent sous un tunnel pour les conducteurs de métro par exemple. Surtout, sa conception de l'égalité consiste à aligner l'ensemble des salariés sur le moins-disant social et non l'inverse. Curieuse conception de la justice sociale.
Les cadres pénalisés
Le gouvernement qui a supprimé l'ISF et maintenu le CICE, sans contreparties, veut aussi taxer davantage non pas les bénéfices des entreprises, mais les cadres. Ainsi, le taux de cotisation sera-t-il le même pour tous, mais les cadres qui gagnent plus de 120 000 euros par an devront payer une surcotisation.
« Partenaires sociaux » sous tutelle
Édouard Philippe a-t-il cru apaiser les inquiétudes sur la valeur du point, indexé sur les salaires, en affirmant que la gouvernance du système pour un « retour à l'équilibre financier » sera confiée aux « partenaires sociaux » (donc au paritarisme syndicats-patronat) dès l'an prochain ?
En réalité, c'est une mise sous tutelle qui s'annonce puisqu'il ajoute qu'ils seront sous contrôle du Parlement et que « si les partenaires sociaux s'entendent » sur la trajectoire financière voulue, « le gouvernement la prendra à son compte » ; sinon, il reprendra la main comme il l'a fait récemment sur l'assurance chômage où, faute d'accord, il a imposé une réforme drastique des règles d'indemnisation.
La mobilisation s'amplifie
« Les garanties données » justifient que la grève « s'arrête » a cru pouvoir proclamer Édouard Philippe à l'issue de sa présentation. Comme un manque de lucidité sur les exigences des salariés.
« Le gouvernement s'est moqué du monde (…) Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable », a réagi Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.
Dans un communiqué, la CGT pour qui avec ce projet nous sommes « toutes et toutes perdants » et « la jeunesse sacrifiée » ajoute : « le gouvernement reste sourd aux exigences exprimées par les millions de salariés, jeunes, retraités, privés d'emploi, mobilisés massivement depuis des semaines et soutenus majoritairement par l'opinion publique.».
Cela « ne peut que confirmer la nécessité de renforcer la mobilisation », a abondé Force ouvrière qui voit dans le recul du gouvernement sur l'application de la réforme (de la génération 1963 à 1975) « une conséquence de la mobilisation exceptionnelle » engagée le 5 décembre.
François Hommeril, président de la CFE-CGC juge lui aussi la « réforme de plus en plus dangereuse ».
La CFDT elle-même, pourtant favorable à un système à points, considère que la ligne rouge est franchie. « Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c'était le fait de ne pas mélanger la nécessité d'une réforme systémique (…) et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie », a réagi Laurent Berger à l'issue de l'allocution du Premier ministre.
En clair, comme il l'avait préalablement affirmé, le passage à l'âge d'équilibre à 64 ans ne passe pas. Il a dénoncé une réforme « lestée par un angle budgétaire accru » et annoncé une réunion des instances confédérales le jour même pour « décider des actions dans les jours à venir ».
Laurent Escure, secrétaire général de l'Unsa, lui non plus pas opposé à un système par points, considère avoir « eu la désagréable surprise, qui est une ligne rouge pour nous, qui est la question de la mesure d'âge »
« Le mécontentement et la détermination restent entiers (…) On ne sait toujours pas ce qu'Édouard Philippe propose pour compenser la fin du calcul des pensions sur les six derniers mois », a réagi pour sa part Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU.
« S'agissant des revalorisations de carrière annoncées – qui oublient de nombreuses catégories professionnelles, comment accorder le moindre crédit à des interlocuteurs qui refusent systématiquement et depuis des années la moindre augmentation de la valeur du point, d'un coût pourtant nettement inférieur ? », demande l'intersyndicale de la fonction publique (CGT, FA, FO, FSU et Solidaires).
Chez les cheminots, l'Unsa ferroviaire juge le plan du gouvernement « pas à la hauteur de nos revendications ». « Là, je pense qu'on va dans le mur », a confirmé Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud-Rail.
Et Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, considère que « les annonces du Premier ministre doivent encourager les salariés à renforcer la grève ».
Les réactions analogues se multiplient dans de nombreux secteurs, de l'énergie aux raffineries, dans le public et dans le privé.
Macron sacrifie les Blouses Blanches avec sa réforme des retraites. Amplifions la mobilisation !
- Le 14/12/2019
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Mobilisations : On ne lâchera rien !
- Le 06/12/2019
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RETRAITES : Tou.te.s en GREVE et dans les MANIFS le 5 décembre 2019
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Hôpital : Premiers reculs du gouvernement après la grève des personnels
- Le 21/11/2019
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Ces « moyens considérables », a souligné le chef du gouvernement, visent à « redonner de l’oxygène à la communauté des soignants », après huit mois de crise dans les hôpitaux publics.
Une prime annuelle de 800 euros net sera attribuée de manière « pérenne » à quelque 40 000 infirmiers et aides-soignants vivant à Paris et sa proche banlieue et gagnant moins de 1 900 euros par mois, a annoncé Mme Buzyn lors de la présentation à la presse de ce plan.
« Nous devons reconnaître la situation spécifique de Paris et de la petite couronne », a-t-elle souligné, évoquant des « sujétions », comme le logement ou la garde des enfants, qui « pèsent de manière déraisonnable dans le pouvoir d’achat de certains soignants ».
En outre, le budget des hôpitaux va bénéficier d’un coup de pouce d’1,5 milliard d’euros sur trois ans, dont 300 millions dès 2020.
Une réponse à la mobilisation des hôpitaux…
« Cet argent vient en plus de la trajectoire budgétaire prévue par le gouvernement » et « l’augmentation sera votée dès la semaine prochaine dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale » (PLFSS), a précisé M. Philippe. Par ailleurs, « l’intégralité » des 400 millions d’euros de crédits gelés en début d’année sera « débloquée dans les prochaines jours », a-t-il ajouté.
Enfin, l'État va reprendre 10 milliards d’euros de la dette des hôpitaux sur trois ans afin d’aider à « restaurer l’équilibre financier des établissements », a annoncé M. Philippe.
Alors que la dette totale des hôpitaux avoisine les 30 milliards d’euros, ce « signe inédit de confiance du gouvernement envers l’hôpital public » doit permettre d’alléger le fardeau des intérêts d'emprunt et de « moderniser » les établissements, a plaidé le Premier ministre.
La réaction de la CGT
Dans un communiqué, la confédération et la Fédération CGT de la Santé saluent « un premier recul du gouvernement » mais estiment que ces avancées ne sont pas de nature à « calmer la colère des professionnels ». La CGT demande une augmentation de 5 % du budget des hôpitaux, une hausse de salaire de 300 euros pour tous et une revalorisation du point d’indice.
Emmanuel Macron avait promis la semaine dernière des « décisions fortes » pour l’hôpital, alors que plusieurs milliers de chefs de service, médecins, infirmiers, aide-soignants et internes manifestaient partout en France, lors d’une grève suivie par un quart des médecins hospitaliers et plus d’un paramédical sur dix.
… en attendant le 5 décembre
À l’approche d’une grève illimitée contre sa réforme des retraites le 5 décembre, le président de la République avait assuré avoir « entendu la colère et l’indignation » de l’hôpital.
Des annonces de la ministre de la Santé en juin et en septembre, chiffrées à 750 millions d’euros sur trois ans, n’avaient en effet pas suffi à mettre fin à une grève inédite des urgences démarrée en mars.
Parti de la capitale, le mouvement s’est étendu à toute la France avec 268 établissements touchés en fin de semaine dernière.
Ce conflit qui ne concernait à l’origine que des soignants a coagulé tous les mécontentements de l’hôpital.
Communiqué de la Confédération CGT et de la Fédération CGT Santé et Action Sociale
Crise des hôpitaux : Un gouvernement en dessous de tout !
- Le 21/11/2019
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Stop à la criminalisation de l'action syndicale
- Le 13/11/2019
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RAPPORT SERVERIN : une justice prud'homale « FRACTIONNÉE »
- Le 06/11/2019
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Un rapport, portant sur la Justice prud’homale de 2004 à 2018, est paru en octobre. Ce rapport, pourtant issu des services de l'administration, est accablant pour les gouvernements successifs : s’il ne fait que reprendre des éléments que la CGT dénonce depuis des années, il en établit la réalité par des chiffres statistiques.
Ce rapport nous dresse le tableau d’une Justice prud’homale dont les saisines sont en chute libre, alors que les délais de procédure ne font qu’augmenter :
-42% de demandes nouvelles aux prud’hommes en 15 ans. Les ruptures conventionnelles sont, pour une bonne part, responsables de cette chute : difficilement attaquables en justice, elles permettent aux employeurs de se séparer de leurs salariés à bon compte.
Le décret du 20 mai 2016 a, lui aussi, eu des effets considérables en complexifiant la saisine des conseils de prud’hommes. Les délais sont passés de 14,5 mois en moyenne en 2004, pour obtenir une décision au fond, à 19,8 mois en 2018.
Ainsi, des réformes prétendument censées réduire les délais de procédure aux prud’hommes, au prix d'une complication de l'accès à la justice, n’ont pas eu l’effet escompté par le gouvernement ; mais, démonstration est faite que les délais excessifs pour obtenir un jugement aux prud’hommes sont, avant tout, dus au manque de personnel, notamment de greffe, pour tenir les audiences.
C’est aussi le tableau d’une Justice prud’homale « fractionnée », pour reprendre les termes d'Evelyne Serverin (auteure de cette étude), que nous dresse le rapport. Une Justice qui bénéficie essentiellement aux salariés les plus aisés, aux hommes, aux cadres, aux travailleurs en fin de carrière. Les femmes, les intérimaires, les travailleurs en CDD ou en intérim, les jeunes, les ouvriers et les employés sont les laissés-pour-compte.
Une Justice qui sert essentiellement à réparer les salariés licenciés, laissant non réparées toutes les illégalités en cours d’exécution du contrat de travail. 9 saisines sur 10 ont pour objet de contester un licenciement : les salariés en emploi ne vont donc plus en Justice contre leur employeur.
On est loin de la Justice prud’homale revendiquée par la CGT : accessible, rapide, permettant d’obtenir l’application effective des droits des travailleurs, pour toutes et tous.
Les conseils de prud’hommes n’en restent pas moins une Justice utile aux salariés, jugés par des conseillers qui connaissent la réalité du travail et du lien de subordination : 65 % des jugements font droit aux demandes des salariés. Nous devons plus que jamais nous battre pour maintenir cette juridiction de proximité, utile à la défense des salariés.
Source : https://www.cgt.fr/comm-de-presse/rapport-serverin-une-justice-prudhomale-fractionnee
Il faut revoir les exonérations de cotisations sociales
- Le 06/11/2019
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La présentation faite par les ministres Darmanin et Buzyn laisse apparaître un déficit de 5,4 milliards d’euros pour 2019 et une prévision de 5,1 milliards d’euros pour 2020, incluant plus de 4 milliards d’économies nouvelles sur l’assurance maladie.
Loin de l’euphorie du PLFSS 2019, qui annonçait un retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale
« Pour la CGT, il est clair que le principe de non-compensation va aggraver le déficit, mais c’est le principe même des exonérations de cotisations sociales sans aucune contrepartie sur les salaires et l’emploi qu’il faut revoir », explique Nathalie Verdeil, membre du bureau confédéral de la CGT.
La Cour des comptes, dans son récent rapport, chiffre à 90 milliards d’euros les « niches sociales », soit autant que les « niches fiscales ». Ce sont les allègements de cotisations patronales qui sont visés : 26 milliards de plus d’allègements entre 2013 et 2019, sans que le gouvernement soit capable d’apporter la moindre preuve de l’efficacité de ces dispositifs sur l’emploi.
La CGT demande plus de transparence sur ces 90 milliards en moins pour les caisses de la Sécurité sociale
« À titre d’exemple, si on divise par deux les exonérations actuelles on dégage 45 milliards d’euros supplémentaires. La transformation du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) en réduction de 6 points de cotisations maladie, c’est 22 milliards d’euros par an (en moins pour les caisses de la Sécurité sociale, ndlr) », détaille Nathalie Verdeil. « Toujours à titre d’exemple, ce sont au bas mot 5,5 milliards d’euros par an qu’on peut retrouver en supprimant les exonérations pour les entreprises du CAC 40 (2,7 milliards d’euros pour le CICE, 800 millions pour le taux réduit sur les allocations familiales et 2 milliards d’euros pour les allègements Fillon pour les salaires autour du Smic). »
Conséquences : les choix budgétaires du gouvernement entraînent un assèchement des caisses pour justifier l’austérité, la dégradation des services publics et de notre système de protection sociale.





















